Entretien avec Christian Ghion, designer

Entretien avec le designer Christian Ghion dont les œuvres réalisées par l’Atelier de Recherche et de Création sont aujourd’hui déposées au pavillon d’honneur de l’aéroport d'Orly.

Bureau Christian Ghion

Christian Ghion, bureau, 2010. © Mobilier national, ARC

Quelques questions au designer Christian Ghion

/ Quelle est l’histoire du bureau que vous avez créé pour le Mobilier national ?

Lorsque le Mobilier national m’a contacté et proposé de dessiner un bureau de ministre, j’en ai été naturellement très flatté. Mais, une commande de bureau de ministre, sans autre précision, m’a semblé incongru. On ne dessine pas le même meuble selon qu’il s’agit d’un homme ou d’une femme, d’une personne jeune ou âgée, d’un ministre de la Culture ou de la Défense. J’ai considéré que je devais imaginer un bureau qui ait du sens. J’ai notamment choisi de supprimer les tiroirs et les casiers. Qu’il n’y ait aucun réceptacle avait valeur de transparence totale. J’aimais l’idée d’un simple et grand plan vierge en guise de surface de réflexion.

 

/ Le bureau a ensuite été montré lors d’expositions ?

J’en suis très fier. Il est le fruit de mon expérience et du savoir-faire des artisans et techniciens d’art de l’ARC (Atelier de Recherche et de Création). C’est sans doute le bureau le plus original qui ait été conçu depuis longtemps non seulement en raison de sa forme mais aussi des techniques utilisées. L’équipe de l’ARC a dû suivre une formation particulière sur la fibre de carbone. Au-delà du dessin lui-même, sa réalisation relève d’une prouesse technique. Je n’aurais jamais pu le réaliser à l’extérieur. C’est du reste pour cette raison que j’ai osé proposer un dessin aussi complexe et difficile, ainsi que la fibre de carbone.

 

/ On dit de ce bureau qu’il a une forme aéronautique. Il avait donc toute sa place dans le bureau du président du Groupe Aéroports de Paris ?

À vrai dire, quand je l’ai dessiné, je n’avais pas une idée de forme précise en tête. Je voulais un meuble organique, sans repères, qu’il n’y ait pas forcément un dessus et un dessous, que les limites ne soient pas définies. J’aime cette idée de tension qui permet d’inscrire le bureau dans l’espace. A présent, il est installé dans le bureau du président du Groupe Aéroports de Paris et ses visiteurs lui trouvent une « allure aéronautique ». J’en suis très heureux.

 

/ Vous avez également conçu des fauteuils qui ont été, eux aussi, déposés auprès du Groupe Aéroports de Paris ?

Il s’agissait dans le cadre d’une nouvelle commande du Mobilier national de réaliser des fauteuils visiteurs pour accompagner le bureau. J’ai conservé le même registre formel et les trois fauteuils réalisés ont intéressé l’architecte du Pavillon d’honneur de l’aéroport d’Orly. C’est ainsi que dans le cadre d’une micro édition, nous sommes passés de trois à quinze fauteuils. Récemment, le Mobilier national m’a de nouveau sollicité pour dessiner une table basse afin d’accompagner les fauteuils. Celle-ci est actuellement en cours de réalisation. D’autres objets, mais également des tapis et des tapisseries, en provenance du Mobilier national, ont été prêtés au Groupe Aéroports de Paris. Ces pièces sont aujourd’hui visibles et je trouve cela formidable. C’est la vocation même du Mobilier national et je dois ajouter que Hervé Barbaret, son directeur, fait un travail remarquable.


1 Hervé Barbaret est directeur du Mobilier national jusqu’au 28 juin 2017, date de sa nomination comme Secrétaire général du ministère de la Culture.

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