Le Puy-en-Velay Atelier de dentelle

Dentelle Le Puy-en-Velay

Créé en 1976, l’Atelier Conservatoire National de la Dentelle du Puy-en-Velay fait exister une technique traditionnelle de haute technicité par l’élaboration de dentelles aux motifs contemporains.

L’histoire

Installé dans des locaux municipaux abritant également le Musée des Beaux-Arts et celui de la Dentelle, ainsi que les bibliothèques, cet atelier est l’héritier de la Manufacture nationale du point de France fondée par Colbert en 1665 afin de freiner les importations de dentelle au point de Venise. Il succède à l’École dentellière, maintenue jusqu’à nos jours par la congrégation des sœurs de la Providence, avec le soutien de la Chambre de commerce d’Alençon.

L’Atelier Conservatoire National de la Dentelle du Puy-en-Velay est créé en 1976, sous l’impulsion du Président de la République Valéry Giscard d’Estaing. Rattaché à l’administration du Mobilier national, l’établissement participe à l’ameublement et à l’enrichissement des collections patrimoniales par la création de dentelles d’après des modèles d’artistes contemporains, pérennisant un savoir-faire de qualité exceptionnelle et participant au rayonnement culturel de la région.

XVIe siècle

Au XVIe siècle, le Puy-en-Velay est l'un des plus anciens et des plus actifs centre dentellier de France, on y compte 70 000 dentellières. Situé au départ des chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle, ce lieu de pèlerinage attire nombre de commerçants et de colporteurs. Des intermédiaires ou leveuses distribuent le travail à faire puis ramassent les dentelles pour les vendre aux négociants du Puy.

XVIIe siècle

En 1665 l'ordre des Béates est créé. L’enseignement du métier de dentellière se fait aux enfants, par des jeunes femmes qui en plus de la technique, transmettent une éducation morale et religieuse. L'inventaire demandé par Colbert en 1668 révèle que la dentelle est l'unique ressource économique de la région. 

 

 

XIXe siècle

Au XIXe siècle, avant la grande récession amorcée par la chute du Second Empire, les exportations de dentelles du Puy sont considérables en France. L’art de la dentelle est à son apogée créative et ornementale, mais commence à décliner pour des raisons économiques d’une part et pour des raisons de mode d’autre part.

XXe siècle

Au début du XXe siècle, Jules Ferry, fervent défenseur de l’école publique laïque, met fin à l’activité des Béates. Des écoles spécialisées dans la pratique de la dentelle voient le jour, avec plus ou moins de succès. Seule une poignée de passionnés maintient cet art en activité, jusqu’à la création de l’Atelier Conservatoire National de la Dentelle.

 

La technique

La dentelle du Puy est réalisée à l’aide de fuseaux. Le fuseau, petit instrument en bois de forme allongée, est constitué de trois parties : la tête qui retient la boucle du fil, la bobine autour de laquelle est enroulée la réserve de fil et le manche qui permet son maniement.

La dentellière entrelace et croise les fuseaux pour former les points en suivant le tracé du modèle. Les points sont stabilisés à l’aide d'épingles enfoncées sur le carreau. Le carreau est le métier sur lequel travaille la dentellière. Autrefois, il s'agissait d'un coussin muni d’un cylindre, il est aujourd’hui plat et formé de plusieurs carrés qui peuvent être déplacés au gré de l’avancement du travail.

La complexité de la dentelle réside dans la grande diversité des points qui peuvent demander plusieurs centaines de fuseaux. La dentelle peut être à fils continus ou coupés ou encore à pièces rapportées. La réalisation d’une dentelle au fuseau nécessite trois étapes. Il faut tout d’abord faire le modèle à exécuter. Cette opération qui consiste à transposer, sur papier-calque, le projet de l’artiste en dessin technique, s’appelle la mise en carte. Après validation par la réalisation de plusieurs échantillons, ce dessin technique est reporté sur un carton par le piquage de petits trous marquant l’emplacement des épingles, avant d’être reproduit à l’encre. Des signes conventionnels indiquent à la dentellière les points à exécuter, écriture technique propre au langage de ce savoir-faire.

Après la réalisation de la dentelle, en fil de lin, coton, soie, laine, d’or ou d’argent, naturel ou synthétique, vient la finition qui a pour but d’assembler à l’aiguille les dentelles entre elles ou/et sur un tissu.