Le Puy-en-Velay Atelier de dentelle

Dentelle Le Puy-en-Velay

Depuis 1976, l’atelier de dentelle du Puy-en-Velay perpétue le savoir-faire traditionnel des anciennes techniques de la dentelle au fuseau

L’histoire

Installé dans des locaux municipaux abritant également le Musée des Beaux-Arts et celui de la Dentelle, ainsi que les bibliothèques, cet atelier est l’héritier de la Manufacture nationale du point de France fondée par Colbert en 1665 afin de freiner les importations de dentelle au point de Venise. Il succède à l’École dentellière, maintenue jusqu’à nos jours par la congrégation des sœurs de la Providence, avec le soutien de la Chambre de commerce d’Alençon.

XVIIIe siècle

Au XVIIIe siècle, l’évolution de la mode vestimentaire porte un coup sévère à cette production jusqu’à ce que Napoléon, dans le cadre de sa politique de soutien aux industries de luxe, passe des commandes à plusieurs centres dentelliers.

XIXe siècle

Le XIXe siècle voit apparaître les tulles mécaniques et la dentelle à l’aiguille se maintient surtout à Alençon. L’art de la dentelle atteint alors son apogée créative et ornementale.

XXe siècle

Dans la seconde moitié du XXe siècle, seuls quelques passionnés maintiennent l’art du point d’Alençon. Les réalisations actuelles sont des reproductions de motifs traditionnels inspirés des travaux des XVIIIe et XIXe siècles, ainsi que des réalisations d’après des modèles d’artistes contemporains comme Pierrette Bloch, Paul-Armand Gette, Jean-Jacques Morel, Sylvie Skinazi, Corinne Sentou, Annabelle d’Huart, Esther Shalev-Gerz.

La technique

La dentelle du Puy est réalisée à l’aide de fuseaux. Le fuseau, petit instrument en bois de forme allongée, est constitué de trois parties. La tête retient la boucle du fil, la bobine autour de laquelle est enroulée la réserve de fil et le manche qui permet son maniement.

La dentellière entrelace et croise les fuseaux pour former les points en suivant le tracé du modèle. Les points sont stabilisés à l’aide d'épingles enfoncées sur le carreau. Le carreau est le métier sur lequel travaille la dentellière. Autrefois, il s'agissait d'un coussin muni d’un cylindre, il est aujourd’hui plat et formé de plusieurs carrés qui peuvent être déplacés au gré de l’avancement du travail.

La complexité de la dentelle réside dans la grande diversité des points qui peuvent demander plusieurs centaines de fuseaux. La dentelle peut être à fils continus ou coupés ou encore à pièces rapportées. La réalisation d’une dentelle au fuseau nécessite trois étapes.  Il faut tout d’abord faire le modèle à exécuter. Cette opération, qui consiste à transposer le projet de l’artiste en dessin technique, s’appelle la mise en carte. Ce dessin technique après validation par la réalisation de plusieurs échantillonnages est reproduit à l’encre sur un carton. Le carton est ensuite percé de petits trous  marquant l’emplacement des épingles. Des repères à l’encre indiquent également à la dentellière les points à exécuter par un code, écriture technique propre au langage de ce savoir faire.

Après la réalisation de la dentelle, en fil de lin, coton, soie, laine, d’or ou d’argent, naturel ou synthétique, vient la finition qui a pour but d’assembler à l’aiguille les dentelles entr-elles ou/et sur un tissu.