La pendule au télégraphe

/ Bronzes et pendules

Découvrez l'objet du mois de mars 2020 !

Bronzes et pendules Lepaute

GML 10687

Vers 1806

Marbre portor ; bronze doré et vert antique

H. 0,63 m ; L. 0,40 m ; Pr. 0,16 m.

Cadran signé : « Lepaute ».  

 

Commandée à Lepaute, cette pendule était destinée à la chambre à coucher de l’Empereur Napoléon Ier, au palais Rohan à Strasbourg, devenu résidence impériale pour les séjours de la famille en cette ville. Le choix de disposer cette pendule dans les appartements privés de l’Empereur n’est pas anodin : en effet, son motif - un arc de triomphe -, s’inspire de celui qui avait été élevé à Strasbourg pour célébrer l’arrivée triomphale de Napoléon à son retour d’Austerlitz. De plus, depuis ses fenêtres, ce dernier apercevait le télégraphe Chappe (du nom de son inventeur, le Français Claude Chappe, 1763-1805) mis en place sur la croisée de transept de la cathédrale en 1798, premier poste de la ligne Strasbourg-Metz-Paris acheminant vers la capitale l’annonce des victoires de la Grande Armée.

En forme de portique, l’objet se compose d’une plateforme ornée d’une corniche en bronze doré où figurent Neptune assis sur un cheval marin tenant son trident à la main encadré de deux amours actionnant chacun un télégraphe. Sur ce socle, huit colonnes d’ordre dorique en marbre, avec chapiteaux et embase de cuivre doré, s’élèvent et supportent un entablement en forme d’arc de triomphe couronné d’un télégraphe.

Le thème et l’ornementation de cette pendule, outre le rappel des exploits militaires de l’Empereur, sont aussi une évocation de la correspondance épistolaire quasi quotidienne que Napoléon entretenait avec Joséphine, que rien, pas même les océans (d’où la présence de Neptune sur le piédestal), ne pouvait interrompre. Le thème du temps est un rappel du reproche que Joséphine adressait régulièrement à Napoléon de manquer de réactivité dans ses réponses. Un carquois et un arc suggèrent l’amour unissant les deux souverains, Amour que nous retrouvons actionnant le télégraphe à côté d’un putto personnifiant Mercure, dieu des voyages, considéré comme « l’ambassadeur plénipotentiaire des dieux qui se trouvait à tous les traités de paix et d’alliance ». Les cygnes adossés aux ressauts du portique symbolisent Joséphine.

Objet du mois - mars 2020, Pendule au télégraphe, Lepaute, 1806, Chambre de l'Empereur -Palais Rohan, Strasbourg.

Mobilier national