L'atelier conservatoire de dentelle d’Alençon

no

Photo : ville d'Alençon - David Commenchal

Les deux ateliers nationaux de dentelle à la main ont été institués en 1976. Ils forment avant tout un conservatoire d’un art ornemental très ancien.

Les dentelles à l’aiguille (technique du point d’Alençon) et les dentelles au fuseau (technique de dentelle du Puy) sont les plus prestigieuses.

 

Depuis novembre 2010, le savoir-faire de la dentelle au Point d’Alençon est inscrit sur la Liste Représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité.

Le point d’Alençon est une technique rare et raffinée de production de dentelle à l’aiguille, née à Alençon en Normandie au XVIIe siècle. Menacée de disparition au milieu du XXème siècle, sa perpétuation est assurée aujourd’hui par l’Atelier national du point d’Alençon, créé par l’Etat en 1976 et rattaché à l’administration du Mobilier national.

La dentelle au point d’Alençon  doit son caractère singulier à la minutie et à la complexité des savoir- faire qu’elle requiert (sept  heures par centimètre carré).

La maitrise de la technique du point d’Alençon suppose entre sept et dix ans de formation. L’apprentissage repose avant tout sur la transmission orale et l’enseignement pratique ; deux apprentis sont actuellement en cours de formation aux côtés de sept dentellières à l’Atelier.

L’Atelier n’est pas seulement voué à la perpétuation  des savoir-faire ; c’est aussi un lieu de création vivant qui offre un terrain d’expression original à des créateurs  contemporains  tels que Paul-Armand Gette, Pierrette Bloch, Corinne Sentou, Didier Trenet, Christian Jaccard, Eric Gizard, Ghislaine Portalis…

La candidature a été portée conjointement  par le ministère de la Culture et de la Communication (Mobilier national), la ville d’Alençon et les dentellières.

 

 

L’atelier conservatoire de dentelle d’Alençon

Installé dans des locaux municipaux abritant également le Musée des Beaux-Arts et celui de la Dentelle, ainsi que les bibliothèques, cet atelier est l’héritier de la Manufacture nationale du point de France fondée par Colbert en 1665 afin de freiner les importations de dentelle au point de Venise. Il succède à l’Ecole dentellière, maintenue jusqu’à nos jours par la congrégation des sœurs de la Providence, avec le soutien de la Chambre de commerce d’Alençon.

 

Au XVIIIe siècle, l’évolution de la mode vestimentaire porte un coup sévère à cette production jusqu’à ce que Napoléon, dans le cadre de sa politique de soutien aux industries de luxe, passe des commandes à plusieurs centres dentelliers.

 

Le XIXe siècle voit apparaître les tulles mécaniques et la dentelle à l’aiguille se maintient surtout à Alençon. L’art de la dentelle atteint alors son apogée créative et ornementale.

 

Dans la seconde moitié du XXe siècle, seuls quelques passionnés maintiennent l’art du point d’Alençon. Les réalisations actuelles sont des reproductions de motifs traditionnels inspirés des travaux des XVIIIe et XIXe siècles, ainsi que des réalisations d’après des modèles d’artistes contemporains comme Pierrette Bloch, Paul-Armand Gette, Jean-Jacques Morel, Sylvie Skinazi, Corinne Sentou, Annabelle d’Huart, Esther Shalev-Gerz.

Partager