Les Dentelles du ciel, d'après un dessin d'Annabelle D'Huart. Atelier du Puy. © Isabelle Bideau
Ces deux ateliers constituent avant tout des conservatoires perpétuant les techniques de cet art en voie de disparition. Les productions actuelles relèvent tant de la reproduction de motifs traditionnels que de la réalisation d’œuvres nouvelles d’après des dessins d’artistes contemporains.
L’atelier d’Alençon se caractérise par la technique à l’aiguille, à partir d’un fil de coton d’Egypte très fin et d’un réseau de tulle réalisé précédemment à la main. Un motif de quelques centimètres carrés représente des dizaines d’heures de travail, avec une très forte acuité visuelle. Celle-ci ne pouvant être soutenue plus de quelques heures par jour, des travaux de broderie sont donc réalisés en parallèle.
Depuis novembre 2010, le savoir-faire de la dentelle au Point d’Alençon est inscrit sur la Liste Représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité.
Le point d’Alençon est une technique rare et raffinée de production de dentelle à l’aiguille, née à Alençon en Normandie au XVIIe siècle. Menacée de disparition au milieu du XXème siècle, sa perpétuation est assurée aujourd’hui par l’Atelier national du point d’Alençon, créé par l’Etat en 1976 et rattaché à l’administration du Mobilier national.
La dentelle au point d’Alençon doit son caractère singulier à la minutie et à la complexité des savoir- faire qu’elle requiert (sept heures par centimètre carré).
La maitrise de la technique du point d’Alençon suppose entre sept et dix ans de formation. L’apprentissage repose avant tout sur la transmission orale et l’enseignement pratique ; deux apprentis sont actuellement en cours de formation aux côtés de sept dentellières à l’Atelier.
L’Atelier n’est pas seulement voué à la perpétuation des savoir-faire ; c’est aussi un lieu de création vivant qui offre un terrain d’expression original à des créateurs contemporains tels que Paul-Armand Gette, Pierrette Bloch, Corinne Sentou, Didier Trenet, Christian Jaccard, Eric Gizard, Ghislaine Portalis…
La candidature a été portée conjointement par le ministère de la Culture et de la Communication (Mobilier national), la ville d’Alençon et les dentellières.
L’Atelier du Puy réalise quant à lui ses dentelles à l’aide des fuseaux (petites bobines de bois) qui contiennent la réserve de fil. On entrecroise les fils pour former les points, fixés à l’aide d’épingles sur un métier, en suivant le modèle d’un « carton ».
Actuellement, les huit dentellières des deux ateliers maintiennent le savoir-faire traditionnel selon trois directions :
Sauvegarder les anciennes techniques de la dentelle.
Exécuter des pièces destinées à enrichir les collections publiques
Transposer en dentelle les dessins commandés à des créateurs contemporains (Annabelle d’Huart, Esther Shalev-Gerz, Corinne Sentou).