Les tissus historiques

Echantillon broché soie et or. Meuble d'été de la chambre de la reine Marie-Antoinette à Versailles. © Philippe Sébert
Echantillon broché soie et or. Meuble d'été de la chambre de la reine Marie-Antoinette à Versailles. © Philippe Sébert

Echantillon broché soie et or. Meuble d'été de la chambre de la reine Marie-Antoinette à Versailles. © Philippe Sébert

Echantillon broché soie et or. Meuble d'été de la chambre de la reine Marie-Antoinette à Versailles.© Philippe Sébert

Vestiges de l’Ancien Régime et commandes du Garde-Meuble impérial, ils témoignent de l’extraordinaire virtuosité technique des fabricants lyonnais.

 

D’une étonnante fraîcheur, les textiles anciens du Mobilier national offrent une merveilleuse évocation des lieux de pouvoir, du XVIIIème siècle à la fin du   XIXème   siècle. S'il faut déplorer l'absence d'étoffes royales du XVIIème siècle, en particulier les riches brocarts d'or et d'argent qui firent l'admiration des ambassadeurs du Siam en 1686, des étoffes commandées par le Garde-Meuble de la Couronne en 1730 permettent d'imaginer la magnificence des décors au début du XVIIIe siècle, et d'admirer la virtuosité technique des fabricants lyonnais.
Les pièces ont échappé miraculeusement aux destructions (les étoffes usagées étaient habituellement fondues pour en récupérer les métaux précieux), ainsi qu'aux ventes révolutionnaires. Ainsi subsiste l'étonnant dessus de ployant de Bron et Ringuet (1731-1733), en brocart cramoisi or et argent, qui étonne par la vivacité de ses couleurs.


Les ameublements de Marie-Antoinette et de Louis XVI sont représentés, entre-autres, par des fragments de tenture des chambres de la reine à Versailles ou à Fontainebleau, ou encore un élément de gros de Tours pour la chambre de Louis XVI à Saint-Cloud. Ces vestiges de l'Ancien Régime rappellent le soutien constant du Garde-Meuble à l'industrie textile lyonnaise.


La Révolution porte un coup fatal à ce mécénat. Les commandes, interrompues en 1792, ne vont reprendre qu'après la visite du Premier Consul à Lyon, en 1802. Camille   Pernon,   ancien fournisseur du Garde-Meuble royal, reçoit l'intégralité de celles-ci, exclusivement réservées à l'ameublement de la seconde résidence consulaire, le palais de Saint-Cloud. De nombreuses livraisons d'étoffes suivront entre 1806 et 1811 afin de remplir les magasins du Garde-Meuble impérial et participer à la politique de réaménagement des palais. La diversité des couleurs et des motifs, fait de ces œuvres des témoins éblouissants de la virtuosité de l'industrie française à cette époque.


Elles constituent un fonds important, dans lequel puiseront les régimes successifs du XIXème siècle. Leur présence aujourd'hui au Mobilier national, exauce, et au-delà, le vœu de l'Empereur qui désirait que " cela soit une dépense faite pour cent ans ".

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