Tapis de la grande galerie du Louvre, XVIIème siècle / Manufacture de la Savonnerie. © Isabelle Bideau
Le Mobilier national conserve encore aujourd’hui plusieurs centaines de « Savonneries » dont les tissages s’échelonnent du XVIIe siècle à nos jours.
Les tissages, aux formats très variés, vont du simple dessus de tabouret ou de banquette jusqu’à des pièces pouvant dépasser les dix mètres de long. Les pièces les plus exceptionnelles proviennent d’un ensemble de quatre-vingt treize tapis destinés à garnir le plancher de la grande Galerie du Louvre, commande réalisée de 1670 à 1685.
Charles Le Brun (1619-1690) en avait donné les modèles, qui font souvent référence à la mythologie ou comportent des allégories à la gloire de Louis XIV. Plusieurs autres pièces ont été tissées d’après des modèles de Pierre-Josse Perrot (1669-1750) ou de Maurice Jacques (1712-1784), sous Louis XIV. Durant le règne de Louis XVI, les modèles sont fournis par Michel-Bruno Bellengé (vers 1726-1793), qui introduit des motifs néoclassiques ou proches du vocabulaire militaire. Quelques rares pièces existent encore dans les collections du Mobilier national. Le XIXe siècle est le temps de réalisations de Jean-Démosthène Dugourc (1749-1825) ou de Jacques-Louis de la Hamayde de Saint-Ange (1780-1860), au caractère néoclassique affirmé.
Le Second Empire est l’occasion d’un renouvellement des modèles avec l’intervention d’artistes comme Jules Diéterle (1811-1889) et Pierre-Adrien Chabal-Dussurgey (1819-1902).
La manufacture de la Savonnerie a produit récemment des tapis importants de François Rouan, de Claude Lévêque, de Marc Couturier ou de Christian de Portzamparc.