Méridienne bois doré, damas rouge, XIXème siècle.
© Isabelle Bideau
Jusqu’en 1870, tous les souverains procédèrent à de nombreuses commandes pour aménager leurs diverses résidences, particulièrement Napoléon Ier, qui dut remeubler entièrement les anciens palais et châteaux royaux dépouillés lors de la Révolution. Le fonds du Mobilier national est le reflet de cette politique d’acquisition et les pièces de cette époque, bien que de qualité inégale, constituent encore l’un des points forts des collections.
On y trouve aussi bien de simples sièges en bois peint commandés en série par Napoléon Ier que le lit de parade de Caroline Murat à l’Elysée; de modestes commodes en noyer voisinent avec le mobilier de la salle du trône aménagée pour Louis XVIII au palais des Tuileries. Plusieurs meubles destinés aux fils de Louis-Philippe, à l’impératrice Eugénie ou au prince Jérôme-Napoléon illustrent le milieu du siècle. Ces pièces donnent, par leur diversité, une bonne idée de l’évolution du goût au XIXe siècle, même si les ensembles en loupe de frêne marquetée d’amarante, en vogue sous le règne de Charles X, sont en assez petit nombre.
La IIIe République vivra sur ce patrimoine pendant les trente dernières années du siècle et ne procédera que ponctuellement à des achats d’envergure : sièges et meubles de bois doré pour la salle des fêtes et la salle à manger du palais de l’Elysée, sobre mobilier de style Louis XVI en bois peint pour le bureau du président Félix Faure dans cette même résidence. On doit regretter en particulier l’absence quasi-totale de mobilier Art Nouveau, style jugé sans doute peu compatible avec les décors existants, voire avec la dignité de l’administration, à moins que l’on ait tout simplement estimé que les pièces en service ou disponibles étaient suffisantes, ce qui dispensait d’en acquérir de nouvelles.