Les bronzes d’ameublement et les pendules

Devant de foyer, bronze, XIXème siècle. © Philippe Sébert.
Candélabre à six lumières, bronze, XIXème siècle. © Isabelle Bideau.
Pendule, bronze doré, XIXème siècle. © Isabelle Bideau

Devant de foyer, bronze, XIXème siècle. © Philippe Sébert.

Candélabre à six lumières, bronze, XIXème siècle.
© Isabelle Bideau.

Pendule, bronze doré, XIXème siècle.
© Isabelle Bideau

Le Mobilier national  a hérité du Garde-Meuble impérial et royal un ensemble de   pendules et bronzes d’ameublement   (lustres, candélabres, bras de lumière, flambeaux, feux, vases..),
constituant une collection exceptionnelle par l’histoire de ces pièces, leur symbolique et leur qualité.

 

Les bronzes d’ameublement

Dans la veine d’un retour à l’antique, déjà en vogue sous les règnes des deux premiers rois Bourbon, le bronze doré est lancé à cette période. Les similitudes entre les deux empires sont ainsi renforcées, soutenues par un souci accru d’exactitude archéologique. Victoires romaines, trophées guerriers, lionnes du Capitole et rostres, tout comme les motifs égyptiens assimilés par l’empire des Césars se retrouvent alors assujettis en bras de lumière ou intégrés à des arcs de triomphe. Ceux-ci sont aussi utilisés pour magnifier des chenets d’une sophistication telle que les Césars n’en ont jamais connue.

Sous Napoléon : dans les palais, se côtoient aussi des Vénus, des chars de l’Amour et d’aimables scènes de genre évoquant l’art de Louis XVI.

Sous la Restauration : la veine néoclassique perdure. La salle du trône des Tuileries réalisée sous Charles X à laquelle participèrent Thomire et Dugourc, s’en distingue néanmoins par un style très original.

La Monarchie de Juillet rompt avec le style antérieur en créant d’abord des formes recherchées dans des techniques destinées à une plus large clientèle.

Viendront ensuite les interprétations, pastiches et copies des styles antérieurs qui constitueront l’unique source d’inspiration des commandes officielles jusqu’à la chute du Second Empire et même au-delà.

 

Les pendules
 On compte près de 900 pendules, cartels ou régulateurs d'une incontestable richesse tant historique qu'artistique. Outre les pendules du XVIIIe siècle, l'importance des collections repose sur les commandes du Garde-Meuble au XIXe siècle destinées à meubler les châteaux ainsi que les palais impériaux, royaux, et nationaux. Les destinations prestigieuses de ces pendules, leur richesse iconographique et la qualité de leurs matériaux dans leurs sculptures font le prix et l'originalité de la collection.
Ces objets ont dès lors été réalisés par les artisans les plus notables de leur époque. Ainsi en est-il de la maison Thomire qui passe auprès de ses contemporains pour avoir réuni dans ses « ateliers les premiers statuaires, fondeurs et ciseleurs de Paris », de Galle dont les bronzes « sont de la plus grande beauté et meilleur goût », de Ravrio qui, pour ses créations, « consultait des artistes habiles, afin de donner à ses bronzes la perfection qu’il cherchait dans l’élégance des formes ». On ne saurait enfin oublier la notoriété des Feuchère, des Denière, « une des plus belles fabriques de Paris », ou encore de Barbedienne dont Théophile Gautier confie que sa « boutique est un musée ». De grands noms de l’horlogerie tels que Lepaute, Lépine, Bailly, ou Robin sont inscrits sur les cadrans. Le traitement des thèmes, des décors et des matières confirme la virtuosité de ces artistes, qu’ils soient bronziers ou horlogers.

 

Au XIXe siècle, les bronzes ne sont pas seulement des objets utilitaires. Ils sont à la fois des symboles de pouvoir, l’expression d’un épanouissement artistique, et le reflet d’une société. Ils sont aussi riches de sens, servent une idéologie politique, et exaltent souvent, sous l’Empire, des valeurs héroïques ou morales exemplaires.
A partir de la Restauration, ce sont les références à l’histoire, à l’environnement artistique et culturel qui dominent.

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